Murièle Modély

“et je crois
merveilleuse foi
que ma bouche saura tout maîtriser
planter son fanion rose
humide
tout en haut de la hune
je crois qu’à la ligne et au point
la langue suce et dissout
le réel”

Murièle Modély – Recueil “ Je te vois” – Editions du Cygne

*D§G* Que tu m’as peau tisse, que je ta peau attise, nos repas de chairs rompues et partagés amour, un bel appétit à toi @toile-invisible

 

et mon corps coula à pic dedans
qui en définitive pénètre l’autre ?
le mot n’est-il pas un pilon plus puissant
que n’importe laquelle de nos excroissances
que n’importe laquelle de nos odeurs
de nos saveurs la sueur mêlée aux larmes la fatigue
ce poids qui nous ficelle comme des larves
molles à nos chaises
à quatre pattes au lit
dans la rue à genoux

Murièle Modély – Recueil “Je te vois” – Ed. du cygne

Et mots t’y veux, en m’eaux livrée toute à toi, amour @toile-invisible

je saigne terriblement vivante
je signe effilochée
je suis le filet de salive sur le point de choir
sur ton visage
l’écriture secrète qui raconte
d’où je viens où tu vas

la langue qui efface sur nos joues l’effroi ramené du dehors

Murièle ModelyRecueil “Je te vois” – Ed. du cygne

Bonjour amour @toile-invisible

que de l’autre côté de la vitre

un éclair fende la cime

que tous les corps en-dessous

s’arc-boutent

que montent les cris rauques

les rires vêtus de rien

la joie

tragique que dure

mille ans une minute

Murièle Modely – Recueil “Je te vois” – Ed. du Cygne

En plein dans mon 1000 en ère, au 1000 y maître près, amour @le-cafe-caveau

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