(Une peinture de Joseph Lorusso)
Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.
Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.
Je sens voyager tes yeux et l’automne est distant:
béret gris, cris d’oiseau, cœur où l’on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.
Ciel vu d’un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l’automne.
PABLO NERUDA
(Roberto Ferri)
Qu’homme étrange je désire la bête en nous qui palpite fume crépite entre mes griffes et rôde tourne vire derrière tes canines…
(Laurent Anastay-Ponsolle)
« L’odeur – par la porte grande ouverte d’un bistrot – de vanille – de cigares – de biscuits – semble t-il. Vous pensez que j’ai eu envie de rentrer dans ce café, de boire et de manger ? Non – les larmes aux yeux – d’embrasser. »
Marina Tsvetaïeva – Les carnets 1913-1939