
(Ill. Afacan Eser)
SOIR D’ETE
Raconte-moi encore combien la nuit fut belle
quand l’été enchanteur déposa sur la peau
une berceuse tiède comme un ventre d’oiseau
J’ai oublié ce soir : j’aime que tu le rappelles
Eléonore de Monchy – A tire – d’os
Yeux mer d’Iroise
Douceur drue de tes cheveux
Ton rire cascade
Ma bouche
Elle veut que tu l’éprouves
Que tu la manges
Que tu la coules
Que tu la forces
Elle veut t’essorer
De toutes tes larmes
Toutes
Ta goutte
Prendre ta déroute
Dedans
La faire suinter
Saigner
Filer
Baver sur toi
Ton bois
La tendreté de tes veines
Au long cours
Les croiser
Aux miennes
Tapis de papilles
Crépies
Par tes allers-retours
Mélange
Languer
Lisser ta voix
Au creux
La fange
Le miel
De ma voie
D’eau, os, miel
Râpures, griffures
Suçons, poinçons
Picots, sursauts
Ton pivot
Ton axe
Planté
Vrillé
Forant
S’excitant de ma bouche
Qui te vœux à l’année
Mes seins
Sont à toi
Seul(e)(s)
Tous les deux
Ils sont beaux
De toi
Escaladent
Tes dents
Le pointu
Prise
Emprise
En entier
Dans la vague
Qui fond d’écumes
Entre
les cuisses
Chevauchée
Empirique
Moiteur
Buée sur les vitres
Cramponnée
Lierre de tes mains
Tes tétons
Un bonheur
La chair
Qui dit oui
En petits cris rosés
Des bâtons de régal
Hissent le désir
Trônes
L’éclatement
De tes grains de café
Le frisson
Comblé
vulve
Enfouie
Découverte
Écartée
Impatience
Tes mains…
Sur ma gorge
serrées
Enserrée
Adorer
Trembler
Aux lèvres
d’une montagne de jouir.
Mes ongles
Longs
Peints
Enfoncer
Te graver
dans les cuticules
Mon cul
Aspire à toi
Petits défauts
panorama
Envers du décor
Grand format
Explosion sillons
Chaloupe à l’amer
Microscopique loupe
Tes yeux sur mes fronces
Bourrelets froissés
Bordent rougis l’œil
Élargi
Le fauve de toi
Qui y rôde
Éros foncé
Autour de l’étoile
Centre de l’univers
Trou noir
Désirs du Cosmos
Enfoncée
Toi
Liane
Moi
Rossée
Les ronces…
Ta queue
Phénomène
Tous les noms d’oiseaux
Fantasmagorie
Dure réalité
Un prédateur
Dressé
Sur son train arrière
Je veux
Plier
démultiplier
turgescence
Bourdon
Bourgeonner sur elle
Pleuvoir
Le mouchoir de ma fente
Buvard
Éponges
Fustigée
la force de toi
Marche en avant
Mon ventre
Poussée
Creusets
Les chairs
Concaves
Convexes
Sont chaudes
Matraquées
claquée
Cul con seins bouche
Sur mes épaules
Je te cries
Les désordres
Précis que tu me fous
Tu clames
Ton orage
Sur mon dos
Entendre
Ces bruits
mouillés fouaillés
Sons de frappe
Tu m’éloges
Je te loges
Feux de forges
Rythmes
Décroissants
Laisser filer
ne plus savoir
Qui sont les galets
La rivière
Tes lèvres
Sont le monde
Dans l’espace confiné
Vapeur et bulles
Émotions
Ta dévoration
Odeurs , sueurs
Fumet, parfums
Musc âcres
L’eau dedans
Rogner, juter
Dans ta bouche
T’humecte
Tu lèches,
Déployé
Partout
Dehors
C’est froid
Tu es un four
où me rôtir
Me blottir
La couche
Contiguë
Des peaux de nous
Prolongation
Échappatoire
Dans les baisers
Contorsions
Je fusionne
à ta salive
Ta peau
Ma peau
Prendre le mot de l’autre
De chacune
Elles
Se veulent d’amour libre
Pour la toile invisible que nous tissons chaque jour