Nos baisers?
Les clefs d’un monde sauvage, empli de soleil, où ne se trouve aucune porte.
Illustration: Ferdinand Georg Waldmüller
Oh monstre
Plein de dents
Affamé, volubile
En crocs, en salive
En langue mobile
Insatiable et ivre
Debout sur la jachère
Offerte de mes lèvres
Que j’aime
Le sortileche
La transe
Formaction
Douce
De tes baisers
© Gilfy – Temps du rêve
Illustration: Pablo Picasso
(Théodore Géricault – Le baiser)
Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.
Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.
Paul Eluard, « Mon amour pour avoir figuré mes désirs » L’Amour, la Poésie, 1929.
(Enki Bilal)
Je sais le sel de ta peau sèche
Depuis que l’été s’est fait hiver
De la chair au repos dans la sueur nocturne.
Je sais le sel du lait que nous avons bu
Quand de nos bouches les lèvres se resserraient
Et que notre cœur battait dans notre sexe.
Je sais le sel de tes cheveux noirs
Ou blonds ou gris qui s’enroulent
Dans ce sommeil aux reflets bleutés.
Je sais le sel qui reste dans mes mains
Comme sur les plages reste le parfum
Quand la marée descendue se retire.
Je sais le sel de ta bouche, le sel
De ta langue, les sel de tes seins,
Et celui de ta taille quand elle se fait hanche.
Tout ce sel je sais qu’il n’est que de toi,
Ou de moi en toi ou de toi en moi,
Poudre cristalline d’amants enlacés.
(Erica Chappuis)
Si m’accolant, me disait : Chère Amie,
Contentons-nous l’un l’autre, s’assurant
Que jà tempête, Euripe, ni courant
Ne nous pourra déjoindre en notre vie ;
Si, de mes bras le tenant accolé,
Comme du lierre est l’arbre encercelé,
La mort venait, de mon aise envieuse,
Lors que souef* plus il me baiserait,
Et mon esprit sur ses lèvres fuirait,
Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.
(*) doucement
(Catherine Welz – Stein)
Avant toi, j’étais fille mère
Avec toi l’ère naissance
Feu âme
Fleurir la mer
Haie-voeux
A la Dent
La danse
De tes flammes
D’à t’homme.
« Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler. Il faudrait tout de suite être dans les bras, caresser le visage, les paupières, les joues, les lèvres, les effleurer d’un doigt, lentement d’abord, puis dans un baiser, passionnément. S’embrasser. S’étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendraient plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants. »
Un temps fou – Laurence Tardieu