Archives de catégorie : Baisers

Transe

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(Théodore Géricault – Le baiser)

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.

Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

Paul Eluard, « Mon amour pour avoir figuré mes désirs »  L’Amour, la Poésie, 1929.

 

Salt-saisons de nos lèvres

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(Enki Bilal)

Je sais le sel …

 

Je sais le sel de ta peau sèche

Depuis que l’été s’est fait hiver

De la chair au repos dans la sueur nocturne.

Je sais le sel du lait que nous avons bu

Quand de nos bouches les lèvres se resserraient

Et que notre cœur battait dans notre sexe.

Je sais le sel de tes cheveux noirs

Ou blonds ou gris qui s’enroulent

Dans ce sommeil aux reflets bleutés.

Je sais le sel qui reste dans mes mains

Comme sur les plages reste le parfum

Quand la marée descendue se retire.

Je sais le sel de ta bouche, le sel

De ta langue, les sel de tes seins,

Et celui de ta taille quand elle se fait hanche.

Tout ce sel je sais qu’il n’est que de toi,

Ou de moi en toi ou de toi en moi,

Poudre cristalline d’amants enlacés.

Jorge de Sena.

 

Baiser Amor

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(Erica Chappuis)

Oh ! si j’étais en ce beau sein ravie

Oh ! si j’étais en ce beau sein ravie
De celui-là pour lequel vais mourant ;
Si avec lui vive le demeurant
De mes courts jours ne m’empêchait envie ;

Si m’accolant, me disait : Chère Amie,
Contentons-nous l’un l’autre, s’assurant
Que jà tempête, Euripe, ni courant
Ne nous pourra déjoindre en notre vie ;

Si, de mes bras le tenant accolé,
Comme du lierre est l’arbre encercelé,
La mort venait, de mon aise envieuse,

Lors que souef* plus il me baiserait,
Et mon esprit sur ses lèvres fuirait,
Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.

Louise Labé.

(*) doucement

Re Nous Elle Il sont

Catrin Welz-Stein

(Catherine Welz – Stein)

Avant toi, j’étais fille mère

Avec toi l’ère naissance

Feu âme

Fleurir la mer

Haie-voeux

A la Dent

La danse

De tes flammes

D’à t’homme.

 

« Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler. Il faudrait tout de suite être dans les bras, caresser le visage, les paupières, les joues, les lèvres, les effleurer d’un doigt, lentement d’abord, puis dans un baiser, passionnément. S’embrasser. S’étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendraient plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants. »

Un temps fou – Laurence Tardieu