Archives de catégorie : Carnet des etreintes

Et s’il fallait

Et s’il fallait enfreindre
Les lois de la terre

Je serai cette dent dure

Apesanteur du tant
Vivant dans l’horizon
De tous les combats
De vivre d’âmour
De baisers d’eau fraiche
Puisée à la source
De ton ventre
Et toi, tu vivras dans ma peau
Iceberg de lumière
Sur la mer de mes envies
Et aux murs de mes entrailles
Les traces de ton plaisir,
Rupestres empreintes
Où je te regarderai dans
L’envers de nos yeux

Strat’us

Couches de
Matières fisciles,
Désagrégation en ondes
Tactiles perlant
Ton dessous de peau douce
Tes dessus de ciel
De fronses dentelles
Entrelas où s’attrapent
La nage de mes envies
Grands fonds liquides
Ta bouche abesse
Dérives glissade
Espace infime et puis
Jusqu’à là, rives
Tissage délicat
De feuillage intime.
Nervures de chair
Sens dessus seve
Dessous seve
Géométrie des interstices
Strates laiteuses, vibrante quand
Je puise
Poisse tendre
Au fond
Monde sous-terrain aveugle
Que je bois
Par la voix
De tes yeux fermés

Espace

Il n’y a pas vraiment d’espace entre
Toi et moi juste
Assez pour que
glisse
Un sein,
Une main,
Un battement
Un valon à peine où s’ecoule
Une route de sel
En déroute la buée
Derivant de ta bouche à ma peau
Rien à peine quelque collines,
Montagnes calcaires éparses,
Juste de quoi laisser
Le battement de nos sexes
Vibrer dans la fusion
Du jour

Velour où
J’entends ton cœur
Rimer avec le mien

Ne bouge plus

Ecoute

Cette Nuit-là…

La nuit

j’abandonne toute pudeur
J’ouvre à deux battants

mon soleil
Je perds la tête
Je suis en proie

à une folle ardeur
Je me gonfle de vagues

telle une mer

au plus fort de son flux
Mes tempêtes se déchaînent

et se suivent
Ma lumière point
Je brille

comme l’éclair courant

derrière le nuage
Je scintille

comme un lustre

de la lumière divine
Je persévère dans l’erreur
Maîtresse de la Création

je me hisse sur le trône

et sur le sein de l’étoile

je consomme ma folie et mes arts

Sur toutes mes étendues

et jusque dans mes souterrains

le roi de la forêt rugit

Mon lion rugit d’ amour

pour l’étoile rouge

qui transperce les horizons

Malika Assimi – Poétesse marocaine

Coeur d’atouts

(Photographie d’Amanda Charchian « Eros »)

L’âme-our, le notre
est celui qui se passe de commentaires
de dictons, de savoir – faire
d’avis de conseils de devoirs de français
et même d’apprentis philosophes
sans culotte ou sur la tête
De nos brins débris de rien
Un feu aux étoupes
Mais
Aux crins des herbes
Embraser nos atours
En faire un cœur d’atouts
Je m’à peau re-prie ta langue
je suis à toi comme tu es à moi
Personne d’autre que nous
n’a besoin de cet amour-là…

Je sais …

ILL. Emilia Castaneda


Je Sais peu de choses
en tout et pour tous
mais très vite j’ai su
que je saurai l’âme-our
quand tu as ouvert les persiennes
au mois de Février
Le Savant Savoir
ne m’est rien
il fluctue, inonde, s’échappe
revient
comme les rivières
saisons sèches saisons pluvieuses
mais
je sais
pourquoi
sont celles de l’été dans l’Hérault
maintenant…
Tu le sais aussi
je n’ai pas besoin
de t’en dire la raison
Nous deux, seuls, le savons




L’amour est co-naissance dans ses extases
Et longs se peau remet des chants de phrases
Au beau mille en yeux des petites simples bariolées
En séchant ces en jeux qu’il nous faut bien nommer


Je sais l’arum qui darde son crépis
Blanc si menthes
Au par terre en épis
De toi sur mon feu de lampe





ILL. Emilia Castaneda

Je sais nos peaux historiques, nos millénaires, je sais que tu es mon Premier Homme, je sais nos chemins, nos entrailles retournées à vif , nos entailles, nos récits , nos récifs, je sais ton sourire au travers de tes pluies salées, je sais ton cœur de flammes au dessus de ton sexe, je sais la main de toi pour protéger, je sais que tes lèvres savent embraser, je sais l’âme-mâle que tu es


ILL. Emilia Castaneda


Je sais ta peau…
ses grains de café dits s’aiment innés
tes petits melons d’eau verts
qui tiennent chaud tout pointés
à mes envers
je sais ton grand reptile
qui ne dort jamais vraiment
contre le choc de mon fourré


ILL. Emilia Castaneda

Je sais pourquoi le coton les soieries la laine
les fleurs dans le lit des amants
le bois des murs sans porte de ceux qui s’aiment
J’y ai vu nos animaux nos forêts
tapis dans l’ombre de notre chambre
et qui nous regardaient nous accoupler

Je sais les toiles d’asphodèle
Drapées de rut délicat
A lave d’anse la citadelle
tes hanches mes hanches de mica


ILL. Emilia Castaneda

Je sais mon buplèvre ligneux
En pétales de cris
Autour de ta langue
A l’iris violet du milieu


ILL. Emilia Castaneda

Je sais la veille sans lassitude de mes doigts dans tes cheveux
que j’à dore de caresses aux griffes arrondies en lunules
et peignent la gouache de ton sommeil
sans déplier les coutelas

Je sais la vie gît lente souple
de ton souffle
Confiée à ma garde jalouse
de nos heurts en collier de rondes


ILL. Emilia Castaneda

Je sais la saison des fruits qui roulent leurs billes de grenats entre nos crocs de fauves languides, celle des abricots du Roussillon qui éclatent de joie pulpeuse – même leur jus est d’oh rage de sucre – entre nos mains , mes seins , ton ventre, les raides ions de nos sentes fiévreuses
Je sais Toi
Tu sais Moi
Cela est suffisant de le savoir…