Muki, mon azur léger, ma brûlure des collines. Ce matin dans ma course de toi, j’ai reçu tant de signes, Tout ces signes que je ne sais pas comme toi, interpréter. Ce petit oiseau tombé sur la route perdue, que j’ai dû mettre à l’abri, et qui s’agrippait sur mes doigts, sans comprendre. Et puis plus loin ce lièvre qui courait léger vers moi, avant de se remettre sur les pistes sauvages, alors qu’au même moment, surgissant des arbres, un rapace planant l’air au dessus des vergers, s’en allait silencieux, survolant le même sentier. Toute cette grâce m’a serré le ventre, au milieu de tout cette nature domestiquée où je vis, au milieu de tout ce bruit, et de toutes ces machines qui puent.
Mon âme-our mon aimée tu me manques,
Je te veux, je veux ta rage de cascade,
Les rires de balançoire en ton jardin
que j’oublie toutes ces fleurs carmin,
Que j’oublie l’oraison des faunes
Et l’hélium de leurs mamelles jaunes
Je veux ta couche chargée de fauve
Boire cette eau blême du marais puant
glissant sous ton écorce noire,
Je veux ta faim ovoïde et aveugle,
je veux ton vestibule de tubercule,
Je veux de toi ton crystal résonnant,
sur ma peau tes griffes de quartz vibrant,
Et dans mes yeux, tes perles brûlantes
Ecartes moi tes racines de mer,
plante les partout dans ma chair
Je veux la boue de tes pétales afollés,
Je veux tes supliques de chatte vermeille,
chantant la pulpe dégorgée sur nos soleils,
Je te veux nue, seulement ornée d’orage
Je veux le bruissement de ton feuillage
Et la poussière blanche de de la fanfare
Pour t’ écrire avec, que je t’aime sans fard