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J’epouse

Couché là, j’épouse
L’herbe autour
Le ciel qui me voit
L’air sans forme que moi
Le chant partout
Les oiseaux,
Le galop,
Le bruit des sabots
Toutes ces rides
dans le vent
J’épouse aussi
La ville,
Ses décombres
Les rues, la nuit
Les néons, les sirènes,
Toi qui passes ici-bas
Avec moi affamé
J’accueille ce tout
Et toi et la vie avec toi
Qui m’accueille m’épouse
Encore pour un jour
De plus

Et s’il fallait

Et s’il fallait enfreindre
Les lois de la terre

Je serai cette dent dure

Apesanteur du tant
Vivant dans l’horizon
De tous les combats
De vivre d’âmour
De baisers d’eau fraiche
Puisée à la source
De ton ventre
Et toi, tu vivras dans ma peau
Iceberg de lumière
Sur la mer de mes envies
Et aux murs de mes entrailles
Les traces de ton plaisir,
Rupestres empreintes
Où je te regarderai dans
L’envers de nos yeux

Strat’us

Couches de
Matières fisciles,
Désagrégation en ondes
Tactiles perlant
Ton dessous de peau douce
Tes dessus de ciel
De fronses dentelles
Entrelas où s’attrapent
La nage de mes envies
Grands fonds liquides
Ta bouche abesse
Dérives glissade
Espace infime et puis
Jusqu’à là, rives
Tissage délicat
De feuillage intime.
Nervures de chair
Sens dessus seve
Dessous seve
Géométrie des interstices
Strates laiteuses, vibrante quand
Je puise
Poisse tendre
Au fond
Monde sous-terrain aveugle
Que je bois
Par la voix
De tes yeux fermés

Espace

Il n’y a pas vraiment d’espace entre
Toi et moi juste
Assez pour que
glisse
Un sein,
Une main,
Un battement
Un valon à peine où s’ecoule
Une route de sel
En déroute la buée
Derivant de ta bouche à ma peau
Rien à peine quelque collines,
Montagnes calcaires éparses,
Juste de quoi laisser
Le battement de nos sexes
Vibrer dans la fusion
Du jour

Velour où
J’entends ton cœur
Rimer avec le mien

Ne bouge plus

Ecoute

Hérésie

Que j’aimerai pouvoir de juillet à juin
Boire et danser et chanter à tue tête
Passer dentelles, jouer à minon minette
Et au bordel embrasser les catins

C’est pas que je veux me lever tous les matins
Être « sérieux » ramer pour des clopinettes
Dire « bonjour, merci » avec des pincettes,
Tout ça pour gagner ma croûte et mon pain?

Sûrement pas finir délavé et sans teint.,
Délaisser le soleil mettant en goguette
Ta peau, tes yeux et tes lèvres replettes
Et oublier que la vie passe sans frein.

Oh je préfère poser mes mains sur tes reins,
Goûter ta gorge et tes aréoles en fête
Là sur la paille pousser cette chansonette
Ou t’embrasser ne sera que le refrain

Et pourtant parfois je n’y peux vraiment rien
Je ne peux pas ne penser que bagatelle
Me manque d’inscrire combien tu es belle
Le dire, l’ecrire, avec pinceaux et fusains

Penser passer la porte en clandestin ?
Mieux vaudrait t’écrire sur la peau que je t’aime
Plutôt que cette sotte passion des poèmes
Futil rempart contre ce temps assassin