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Je sais …

ILL. Emilia Castaneda


Je Sais peu de choses
en tout et pour tous
mais très vite j’ai su
que je saurai l’âme-our
quand tu as ouvert les persiennes
au mois de Février
Le Savant Savoir
ne m’est rien
il fluctue, inonde, s’échappe
revient
comme les rivières
saisons sèches saisons pluvieuses
mais
je sais
pourquoi
sont celles de l’été dans l’Hérault
maintenant…
Tu le sais aussi
je n’ai pas besoin
de t’en dire la raison
Nous deux, seuls, le savons




L’amour est co-naissance dans ses extases
Et longs se peau remet des chants de phrases
Au beau mille en yeux des petites simples bariolées
En séchant ces en jeux qu’il nous faut bien nommer


Je sais l’arum qui darde son crépis
Blanc si menthes
Au par terre en épis
De toi sur mon feu de lampe





ILL. Emilia Castaneda

Je sais nos peaux historiques, nos millénaires, je sais que tu es mon Premier Homme, je sais nos chemins, nos entrailles retournées à vif , nos entailles, nos récits , nos récifs, je sais ton sourire au travers de tes pluies salées, je sais ton cœur de flammes au dessus de ton sexe, je sais la main de toi pour protéger, je sais que tes lèvres savent embraser, je sais l’âme-mâle que tu es


ILL. Emilia Castaneda


Je sais ta peau…
ses grains de café dits s’aiment innés
tes petits melons d’eau verts
qui tiennent chaud tout pointés
à mes envers
je sais ton grand reptile
qui ne dort jamais vraiment
contre le choc de mon fourré


ILL. Emilia Castaneda

Je sais pourquoi le coton les soieries la laine
les fleurs dans le lit des amants
le bois des murs sans porte de ceux qui s’aiment
J’y ai vu nos animaux nos forêts
tapis dans l’ombre de notre chambre
et qui nous regardaient nous accoupler

Je sais les toiles d’asphodèle
Drapées de rut délicat
A lave d’anse la citadelle
tes hanches mes hanches de mica


ILL. Emilia Castaneda

Je sais mon buplèvre ligneux
En pétales de cris
Autour de ta langue
A l’iris violet du milieu


ILL. Emilia Castaneda

Je sais la veille sans lassitude de mes doigts dans tes cheveux
que j’à dore de caresses aux griffes arrondies en lunules
et peignent la gouache de ton sommeil
sans déplier les coutelas

Je sais la vie gît lente souple
de ton souffle
Confiée à ma garde jalouse
de nos heurts en collier de rondes


ILL. Emilia Castaneda

Je sais la saison des fruits qui roulent leurs billes de grenats entre nos crocs de fauves languides, celle des abricots du Roussillon qui éclatent de joie pulpeuse – même leur jus est d’oh rage de sucre – entre nos mains , mes seins , ton ventre, les raides ions de nos sentes fiévreuses
Je sais Toi
Tu sais Moi
Cela est suffisant de le savoir…

Ainsi soit’ile

Ill Edvard Munch – The kiss 1897 – detail

Ainsi dieu j’ai erré tout le jour,
Passant d’une rue des deux seins
A la monté des charme ile
Passant le guet j’a eré mais
tu m’as rattrapé arrachant
la tête livide des gargouilles
ma chemise trempée
dans la boue du désir
verge dure dans le néant de l’office
entre deux portes frolant
l’ainsi danse on s’est embrassé


DelFin’Amor course toi

Roberto Ferri - Paolo et Francesca - 1996

(Roberto Ferri )

« Lai du Chèvrefeuille »

Bel(le) ami(e), ainsi est de nous:
De nous deux, il en est ainsi
Comme du chèvrefeuille était
Qui au coudrier se prenait.
Quand il s’est enlacé et pris
Et tout atour le fût s’est mis,
Ensemble ils peuvent bien durer.
Qui les veut après désunir
Fait bientôt coudrier mourir
Et le chèvrefeuille avec lui.

Bel(le) ami(e), ainsi est de nous:
Ni vous sans moi, ni moi sans vous.

Marie de France  – XIIe siècle

Francine Caron

 

Cantate

Mon corps d’homme
infini
doux et tendu,
de sang mordoré qui roule _

mon corps de conquête et de rêve,
insistant,
éperdu et sauvage,
grondant ses rythmes,
aux muscles qui scintillent,
aux joies hurlées qui cassent –
Mon essentiel –

Toi, mon corps parcouru,
ses gouttes d’origine qui précèdent,
mon corps descendu,
mon corps de plénitude forte qui me fend,
me fait de fleurs flottantes,
mon corps qui pénètre
aux fonds noyés de moi –

Si fière d’être femme,
et entr’ouverte doucement, tapie d’ivresse –

Tu t’inclines,
bouleversé de tendresse,
tu t’abats
comme au souvenir des silences
Déjà
mien à demi,
le gland qui hante
et reconnaît
son seuil,
ses sentiers,
sa tanière riche et musquée,
son fort –

Et puis tu remplis tout,
tu assièges,
tu me damnes,
les chairs plissées jumelles et reconnues,
mon con écartelé, heureux,
tout mon corps délivré, offert, semé, clouté,
exhaussé par la fête rouge qui le comble,
Ma vie au bout de ta tige qui joue
et cueille –

Tu es, tu t’avances à l’intouchable,
j’ouvre ma bouche, toutes mes bouches,
les genoux rejoignent leurs pôles,
je suis un ventre communié
qui danse,
attend et n’attend plus ses rives ;
Tu me suspends

Et tu repars,
trempé de mousse
et tu t’appuies des clés aux fourches,
Torturée, je suis un tunnel qui supplie,
la forme du pain qui veut l’enfournement,
le feu ouvert qui guette ses tisons.

Implacable, tu vas de la crête
au bord diurne,
effleurant durement,
t’affirmant,
hérissé de maîtrise,
tu sculptes bien, défonçant tendrement l’estuaire.
De biais, je chante –

Voici que je te laisse
et me dresse et détourne,
nous sommes l’animal sacré,
tes doigts pressent la perle en son destin,
moi, je, complètement donnée,
les seins pendant comme un collier –
et toi, insinué d’un coup de cœur,
tu te fiches,
immobile.
En gloire.

Puis tu vires de bord,
le désir te distend ;
tu fonces sans égards, corne de nuit
tu traques –

Oh cheval immortel,
entré enfui, rageur et délicat,
dégouttant de mon stupre de marais,
je suis défaite et vierge,
et reconquise,
inhabitée, douloureuse et choisie.

Et le rythme des planètes soudain croît,
la croupe suit le cirque du ciel,
tu as forgé et
le con du monde s’amplifie,
le feu le vrille
l’eau le baigne
la terre le possède
les airs l’entourent.
La matrice respire, ses portes tremblent,
touffeur collée au champignon divin,
suçant ses rêves, fleuve et son lieu,
et les vagues du sang s’élancent.

Tu sais, tu brandis ma jouissance,
furieusement, tu fouilles et tu décimes
et je tangue,
et je jette,
et j’annule et trépigne
et je fous,
tout s’ouvre à fond et broie
comme un tonnerre, un volcan d’eau,
le feu dégoulinant de joie.

C’est l’enfer d’algues
et l’empire des gouffres –
Et toi aussi, tu montes et meurs –
la matrice espérante
t’a bu comme un calice,
épousé à folie –

Les eaux mêlées,
les poils rivés,
Tous deux,
l’immensité du couple,

Toi, qui as ramé par le monde jusqu’au loin,
Moi, pleine de ta semence lourde,
illuminée,
immolée et
naissante -”

 

Francine Caron – Recueil “Les corps sourciers”

 

Une des plus beaux poèmes érotiques écrit par une femme que j’ai lu jusqu’à présent. Je te l’offre, amour, @toile-invisible

Ce jour , rien n’a changé, tu es toujours le premier homme , celui qui m’inspire mes plus ardentes, intenses, érotiques, émotionnelles lectures, découvertes et écritures de poésie amoureuse