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J’epouse

Couché là, j’épouse
L’herbe autour
Le ciel qui me voit
L’air sans forme que moi
Le chant partout
Les oiseaux,
Le galop,
Le bruit des sabots
Toutes ces rides
dans le vent
J’épouse aussi
La ville,
Ses décombres
Les rues, la nuit
Les néons, les sirènes,
Toi qui passes ici-bas
Avec moi affamé
J’accueille ce tout
Et toi et la vie avec toi
Qui m’accueille m’épouse
Encore pour un jour
De plus

Espace

Il n’y a pas vraiment d’espace entre
Toi et moi juste
Assez pour que
glisse
Un sein,
Une main,
Un battement
Un valon à peine où s’ecoule
Une route de sel
En déroute la buée
Derivant de ta bouche à ma peau
Rien à peine quelque collines,
Montagnes calcaires éparses,
Juste de quoi laisser
Le battement de nos sexes
Vibrer dans la fusion
Du jour

Velour où
J’entends ton cœur
Rimer avec le mien

Ne bouge plus

Ecoute

Hérésie

Que j’aimerai pouvoir de juillet à juin
Boire et danser et chanter à tue tête
Passer dentelles, jouer à minon minette
Et au bordel embrasser les catins

C’est pas que je veux me lever tous les matins
Être « sérieux » ramer pour des clopinettes
Dire « bonjour, merci » avec des pincettes,
Tout ça pour gagner ma croûte et mon pain?

Sûrement pas finir délavé et sans teint.,
Délaisser le soleil mettant en goguette
Ta peau, tes yeux et tes lèvres replettes
Et oublier que la vie passe sans frein.

Oh je préfère poser mes mains sur tes reins,
Goûter ta gorge et tes aréoles en fête
Là sur la paille pousser cette chansonette
Ou t’embrasser ne sera que le refrain

Et pourtant parfois je n’y peux vraiment rien
Je ne peux pas ne penser que bagatelle
Me manque d’inscrire combien tu es belle
Le dire, l’ecrire, avec pinceaux et fusains

Penser passer la porte en clandestin ?
Mieux vaudrait t’écrire sur la peau que je t’aime
Plutôt que cette sotte passion des poèmes
Futil rempart contre ce temps assassin

1000

Je viens de la nuit
Du rugissement de fauves
à l’affût
De la fuite par les mille portes
de l’obscurité
Je viens du feu
De la pulsation du cœur
Je viens des cantiques
du sommeil
Du culte des morts
Des enfants cachés
dans les arbustes du crépuscule
Je viens seule
agitant des rameaux
invoquant des rayons
Je viens de la nuit qui enfin
darde ses langues phosphorescentes
Je viens seule
passant la ligne du temps
avec le souffle de mon frère
qui vibre dans l’espace

Myriam Montoya In Traces (Huellas), L’Oreille du Loup, 2009

(ILL Dimitar Voinov Junior)
(ILL. Christophe Vacher)

Mon Homme premier

(ILL. Nathaniel Skousen)





J’AIME UN HOMME


Gymnopédies de nos palpitants
Gastronomie haute de nos charmes
Griffon à l’arpent exact de mon ciel
Gris-bleu acéré de tes yeux
Gilbertin en « langue des gens »


Il est mon Île où poser mon chapeau
Innervé cousu princeps absolu de ma respiration
Illégal homme sorti des flots de sa condition


Légitime amant de moi sa feu-âme oiseau


faisons-nous ta fête, c’est ton jour mon amour